Comment réaliser une mosaïque

Sous Photoshop 6.0

 

(ou comment recoller les morceaux !)

Christian Colin

 

 

           Le microscopiste amateur se retrouve assez souvent confronté à une situation frustrante. Utilisant en général une Webcam pour immortaliser ses préparations, il doit fréquemment morceler son travail, car celui-ci déborde allègrement du champ de ladite caméra. Le phénomène se retrouve à chaque fois que l’on est confronté à un objet trop grand, ou bien lorsque l’on veut avoir une vision plus détaillée et précise d’un objet qui « tient » avec un objectif faible, mais déborde dès que l’on monte en puissance.

 

          Ceci est tout aussi valable pour celui qui utilise un appareil photo classique ou un APN ; il n’est absolument pas à l’abri !

 

          La méthode la plus simple est de « mosaïquer » l’objet, c’est à dire en faire un certain nombre de clichés, qui, rassemblés, recouvriront la totalité du sujet. En règle générale, la victime de ce mitraillage photo est immobile, mais il arrive aussi d’appliquer cette méthode à un être qui se déplace.

Là, nous touchons à un monde qui se rapproche du domaine du safari, mais comme rien n’est impossible !

 

          Si l’intention est de faire un montage avec ces photographies pour reconstituer l’intégral, il y a quelques précautions à prendre au départ. Il faut IMPERATIVEMENT que les clichés débordent un peu les uns sur les autres, de façon à pouvoir les superposer pour les ajuster.

 
 

Bien sûr, il faudra faire attention à ne déplacer la platine que dans le sens voulu, et de la valeur voulue

Il faut aussi éviter de modifier en quoi que ce soit la préparation, pas plus que les réglages du microscope : mise au point (modification de la taille d’une partie de l’objet), illumination, réglages de la caméra….

 

La plupart de ces défauts peuvent être rattrapés, mais cela complique beaucoup les choses, et met les nerfs à rude épreuve.

Une fois tous les clichés engrangés, passons à leur traitement.

La phase 1 consiste à les assembler  pour reconstituer l’image complète. S’ils ne sont pas trop nombreux, on peut les ouvrir tous ensemble dans Photoshop, sinon, le mieux est de procéder par étapes : par exemple par groupe de 5 :

 

 

J’ai pris l’habitude de ranger les fichiers sur le côté gauche de l’écran, pour laisser libre la place au fichier résultat. :



Maintenant, il faut créer un nouveau fichier, celui qui recevra tous les autres. Dans cet exemple, les photos utilisées font 320x240 pixels, avec une résolution de 72 Pixels/pouce (DPI). L’objet est de forme quasi rectangulaire. En estimant ses dimensions finales à 3x4 fichiers, on arrive à un fichier  de 33cmx 45cm. Pour le réduire, on va utiliser un artifice tout simple : réduire la résolution de ce fichier à sa création : 25cmx25cm, avec une résolution de 40 DPI :

   
 
Photoshop va automatiquement compenser la différence de taille, sans affecter le qualité. La couleur de fond est choisie en fonction du type de prise de vues (ici, lumière « COL », donc fond blanc) Il reste donc à « copier-coller » les fichiers sources les uns après les autres, en les ajustant le mieux possible.

A cet égard, la fenêtre du navigateur  est d’une grande utilité pour agrandir la portion souhaitée. Le déplacement d’un calque se fait à la souris, le fignolage à fort grossissement avec les flèches de direction. Attention, c’est le calque sélectionné qui bouge, et seulement lui. Par défaut, c’est le dernier créé, mais on peut changer cette sélection d’un clic sur le calque voulu dans la fenêtre en bas à droite

(à ce propos, toutes les fenêtres sont flottantes et peuvent être déplacées et positionnées à son gré)

 


Sur cette copie d’écran, on voit le premier « copier-collé » à peu près à sa place. J’ai réduit le fichier source pour :libérer de la place et ne pas le recopier par mégarde. Mais je ne le supprimerai qu’un peu plus tard, lorsqu’il y en aura plusieurs de posés, et que tout se passera bien. Je vais les ajuster au fur et à mesure du « collé », mais je ne TOUCHERAI PAS à la colorimétrie avant la fin de l’assemblage. Si vous le faites à chaque fichier, il y a gros à parier qu’à la fin vous vous retrouverez avec un superbe dégradé, dans un sens ou dans l’autre !

Donc, pas touche, et pas touche non plus à « calques : fusionner les calques » .Les copies d’écran qui suivent montrent l’ajustement , et le contrôle avec rectification en utilisant le navigateur comme loupe (et une main pour déplacer la loupe) et les flèches « haut,bas,droite,gauche » pour aligner le calque 2 précisément sur le premier :

 

 

 
 



La manœuvre est répétée jusqu’à épuisement des fichiers ouverts :




A ce stade, il y a un défaut qu’il me paraît possible de corriger tout de suite de manière simple, bien qu’il puisse l’être à la fin par d’autres moyens : l’angle du dernier calque est trop visible

 

 

Il m’a suffit de passer le calque à l’arrière plan. Dommage, ça ne fonctionne pas toujours aussi bien !

                       

Il est temps de recharger les fichiers suivants, et de continuer le travail jusqu’à ce que la mosaïque soit complète (une bonne et sage précaution est de verrouiller les calques déjà mis en place avant d’en charger de nouveaux) :

 

 

Voilà, la mosaïque en elle-même est terminée, mais il reste encore à vérifier et récupérer les défauts.

Le plus courant est la ligne qui est visible à l’intersection de deux clichés. Il y a au moins trois méthodes pour les estomper (il faut les déverrouiller)

  1.   à la main, avec un outil comme la brosse ou le pulvérisateur
  2.   avec, c’est déjà plus intéressant, l’outil tampon
    Ces deux méthodes demandent que les calques soient fusionnés
  3. La troisième consiste à jouer individuellement sur la luminosité et le contraste des calques (les calques ne doivent pas être fusionnés) :

 

La commande « calques->nouveau calque de réglages->….. » permet de sélectionner un type de réglage PAR CALQUE. Vous pouvez, par exemple, utiliser « luminosité contraste » sur un calque x, « balance des couleurs » sur le calque y, et rien sur le Z. Ceci permet d’ajuster au mieux les zones trop contrastées, comme ces fameuses lignes de démarcation ! Dans l’exemple, seule la luminosité d’un calque a été retouchée légèrement)

Une fois toutes les rectifications terminées, il ne reste plus qu’à fusionner les calques, refaire le fond, et enregistrer l’image en augmentant la résolution (faire des essais) ici, on passe d’une image 25cmx25cmx40dpi à 15cmx15cmx150 dpi

Le reste est affaire de goût, en ce qui concerne le fond et présentation( !)  Cette façon de faire est celle que j’utilise avec Photoshop, mais elle reste valable sur le principe au moins avec d’autres logiciels tels que PaintShop pro ou Corel Draw

 

Je termine ici en souhaitant bon courage à tous ceux qui ne l’ont jamais fait, et qui vont s’y essayer !

C’est un peu fastidieux quelquefois, il faut bien l’admettre, mais quel plaisir quand on a le résultat sous les yeux

 

 

               

    

coupe d’un rameau de frêne de l’année préparation personnelle

(carmino-vert) objectif X4  webcam Philips Toucam 740 led blanche
assemblage « mosaïque » de treize clichés sous photoshop
  logiciel de capture : Vega 1.2

 

 

Conception et réalisation : Christian Colin

 

 

 

 
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