épiscopie économique

Dominique Voisin



 

 

Tout amoureux de microscopie à la recherche de sujets divers et variés, s'est un jour trouvé confronté à l'observation d'objets opaques sous l'objectif de son microscope.

 L'exemple le plus classique se trouve dans le monde des insectes, leur préparation pour une observation en transparence fait appel à des techniques longues et délicates à base de produits chimiques pas très sympathiques dans lesquels le sujet se doit de séjourner de longues journées selon son gabarit. Certains autres sujets ne peuvent pas être modifiés comme une pièce de monnaie par exemple et enfin d'autres sont plus ou moins altérés par la préparation microscopique.

L'envie vient alors naturellement de pouvoir disposer d'un système d'éclairage qui permet l'observation directe du sujet, avec son éclairage tel qu'on a l'habitude de le voir, non pas par transparence, mais par réflexion.

C'est la raison d'être de l'éclairage épiscopique. Tous les grands constructeurs de microscopes, ont à leur catalogue une batterie de produits plus ou moins sophistiqués permettant de réaliser à grands frais mais avec une qualité irréprochable cet éclairage.

De nombreuses publications se sont appliqué à décrire en détail les techniques pour y arriver et le sujet passionne encore de nos jours jusqu'à notre ami Michel Collart, qui utilise très astucieusement, la LED blanche dans ce but (voir article sur le même site).

Cherchant à mettre en oeuvre moi aussi, une solution simple à ce problème particulier, je fouillais dans mes livres et trouvais référence une technique ancienne.

En 1740, suivant l'idée de Descartes, Lieberkühm crée pour les observations en réflexion un miroir en argent entourant l'objectif et ayant son foyer sur la préparation...

voilà une excellente idée, il n'y a plus qu'a trouver le susdit miroir.....

 
 

 

Le trésor était dans le grenier...

 
  Une vielle lampe de poche rouillée et abîmée, peut devenir un véritable trésor, quand on la regarde avec des yeux différents.  
   
   
  Une fois démonté, le réflecteur de la lampe a toutes les caractéristiques du fameux miroir que nous cherchions, sont emploi "normal" est tout à fait inverse de l'usage que l'on va en faire, puisque son foyer est habituellement l'émetteur de la lumière, l'ampoule y prenant place envoie ses rayons dans toutes les directions et le miroir les récupère pour les renvoyer parallèles entre eux en direction de la "sortie".

Si maintenant on envoie de la lumière selon le trajet inverse, elle va nécessairement converger à l'endroit théorique de l'ampoule, là ou il nous restera à placer notre sujet.

 


Ce qui schématiquement donne à peu près ceci...


 

Évidement ce n'est pas forcément beaucoup plus clair...

quoiqu'il en soit le principe est là. vous récupérez le réflecteur de la vieille lampe de poche que vous vous apprêtiez à mettre aux ordures, le "petit" trou doit être suffisant pour laisser passer un objectif ou au moins pour vous laisser approcher. 

Pour mon X2,5 plan de chez Zeiss, le décroché de la partie avant de l'objectif passe sans problème dans le trou, pour mon X4 plan chinois, il ne passe pas mais est à au moins 1/2 cm du réflecteur, ce qui laisse de la marge.

La lumière vient du collecteur, le condenseur est retiré puisqu'il ne sert à rien de faire converger la lumière vers la préparation.

 

Si vous trouvez un sujet comme ça prévenez moi....
   
 
Quelques précautions sont à prendre pour la préparation, le sujet est placé sur un fond opaque qui doit être assez petit pour laisser la lumière passer à l'
extérieur et éclairer le miroir, personnellement je colle un petit bout de Canson de couleur d'1 cm sur une lame porte-objet, le sujet sur le fond et je coiffe le tout du réflecteur de ma vieille lampe.
 

Ce qui nous donne sur le microscope...

 

     
 
 

 

les résultats en images...

 

 

foraminifère au dessus de la vallée de la Seine aux Andelys X4

 

 

 

Oeil de libellule X4

 

 

 

pistil de fleuron de marguerite X4

 
 
moisissure X2,5
 

 

 

détail de moisissure X2,5

 
 
Pollen de courgette X2,5
 

 

 

Pièce de monnaie X2.5

 
 

 

Quelques conseils avant de commencer : 

utilisez des objectifs faibles X2,5 ou X4 feront très bien l'affaire, vous aurez ainsi moins de problèmes de profondeur de champ et plus de place pour le réflecteur entre l'objectif et le sujet. 

Jouez avec le réflecteur, son orientation, sa distance par rapport au sujet son axe... vous verrez que les effets sont nombreux.

avec un X10 les images sont toujours possibles il vous faut alors "coller" le réflecteur par son petit trou sur la monture avant de l'objectif (j'utilise la Patafix...) et surélever le sujet pour qu'il entre dans la cavité du réflecteur en tâtonnant un peu on trouve une position où le sujet est convenablement éclairé et net.

Maintenant à vous de jouer...


 
 

Dominique