Quelques notions sur les diatomées

Dominique Voisin



 

Structure et organisation

les diatomées sont des organismes microscopiques de nature végétale vivant dans l'eau. Ce sont des algues jaunes et brune unicellulaires. Leur originalité ainsi que leur beauté résident dans le fait que la cellule possède une enveloppe externe, transparente et rigide, souvent délicatement ornementée. cette enveloppe ou frustule est constituée de silice faiblement cristallisée, semblable à du verre. Fondamentalement, le frustule se présente comme une boite : il se compose de deux parties, le couvercle et le fond, s'emboîtant l'une dans l'autre. On distingue la vue du couvercle ou valve de la vue de "coté" ou les deux valves s'emboîtent, la première est dite vue valvaire et l'autre la vue connective.
Chez de nombreuses diatomées de symétrie axiale (on parlera alors de diatomées pennales), la valve est parcourue, souvent en son milieu, par une fente étroite plus ou moins longue, le raphé, qui met la cellule en contact avec le milieu extérieur, il semble aussi qu'il joue un rôle important dans la locomotion de ce type de diatomées.
Le raphé est interrompu en son milieu par un épaississement siliceux, le nodule central et se termine aux deux extrémités par un nodule terminal. Certaines diatomées n'ont qu'un raphé atrophié on parlera alors de pseudo raphé de même que l'absence de raphé chez d'autres les classeront dans les araphidées ou crypto-raphidées. Chez de nombreuses diatomées, les valves portent des ornementations d'une extrême finesse, les stries, quand elles seront plus grosses on parlera de côtes. Ces lignes observées au microscope électronique font apparaître leur structure faite de minuscules perforations de l'ordre du quart de micron. La finesse de ces chef d'oeuvre d'orfèvrerie microscopique font des diatomées des objets de test d'objectifs particulièrement sévères et furent une des grandes sources de progrès des fabricants d'objectifs. Dans se domaine on dira que tel ou tel objectif est capable de résoudre telle rangée de stries de pleurosigma angulatum par exemple...
Pour étudier les diatomées, les classer et les nommer, on débarrasse les frustules de leur contenu cellulaire afin d'avoir accès au dessin des stries sur lequel est basé toute la classification.

Pour finir cet exposé un peu scolaire et rébarbatif, je vous citerai un extrait du merveilleux livre de Marcel Roland "féerie du microscope" (A lire absolument...)


".... Des noms latins, ces épingles à cheveux, ces raquettes, ces tubes de macaroni, ces mirlitons enrubannés, ces émaux à cloisons, ces collerettes, ces gaufrettes, ces peignes, ces violons, croissants de lune, chapeaux de gendarme.....???
Sans doute pour les savants, ces milles choses microscopiques s'attifent de noms latins. Je n'en ai cure. Penché sur le microscope, j'ai sous ma prunelle non un chapitre d'encyclopédie, mais un spectacle extraordinaire qui tient à la fois du parc des expositions, du champ de foire et du décor de féerie, un étonnant déballage d'accessoires, un bric a brac d'objets hétéroclites qui me parlent, à l'extrême de la petitesse, de tout ce que nous montre notre vie quotidienne, cette fastidieuse vie humaine à laquelle il est décidément bien malaisé de se soustraire."


Et pour illustrer tout ça.... Gyrosigma bien sur...

Obj X40,microscope CETI,coolpix 4500

Image attachée

 

Une petite expérience facile à faire pour vous aider dans vos identifications.
Comme vous le savez, une bonne identification ne peut se faire de façon efficace qu'en ayant accès aux stries de vos diatomées. Pour ce faire il existe un "protocole" compliqué et long donnant au final des préparations définitives du plus bel effet. Mais est ce bien là votre objectif ???
Pour simplifier les choses et si vous ne comptez pas faire de collection de diatomées, vous pouvez vous contenter d'un passage à l'eau de javel pendant une nuit pour obtenir dés le lendemain matin de beaux frustules vides de tout matériel protoplasmique qui gêne la lecture.
Utilisez une eau de javel deux fois plus concentrée qu'à l'habitude, soit pour mon berlingot préféré à diluer pour faire un litre, une dilution nécessaire pour faire 1/2 litre...
après avoir débarrassé les algues et "gros morceaux" du prélèvement que vous avez décidé de sacrifier laissez le reposer environ 6H, enlevez délicatement presque toute l'eau avec un compte goutte, poire à lavement, seringue... ce que vous avez sous la main, mais surtout sans toucher au fond où les diatomées sont tombées.
Ajoutez une dose "convenable" d'eau de javel et laissez reposer toute la nuit....
le lendemain matin, une goutte prise au fond, devrait vous donner des frustules bien propres...
Pour la suite, si votre récolte est "miraculeuse" lisez l'excellent article de Jean Legrand (de Corcelles) sur le site microscopies.com ICI et sa suite ICI.

Image attachée

Encore un petit détail technique et de vocabulaire...
Nous avons vu que les deux valves des diatomées s'emboîtaient à la façon d'une boite avec son couvercle, il y a en plus pour fermer tout ça, une ceinture de silice qui fait finement le tour... le cingulum
Ors il arrive parfois quand on fait de la préparation de diatomées, que ce cingulum se détache et se retrouve parmi les valves... c'est a priori ce qu'il vient de m'arriver avec ce cingulum de gyrosigma.

Image attachée


Pour vous convaincre définitivement de l'intérêt de nettoyer ses diatomées, voici un petit exemple de détermination à la lecture des frustules...
Inutile de vous dire que pleines de protoplasme, ces deux diatomées se ressemblent très fortement même si elles n'ont pas tout à fait la même forme.
Celle de gauche fait 100 microns et celles de droite environ 70
les deux vues sont valvaires, celle de gauche à ses extrémités dite légèrement "capitées" c'est à dire qu'elles se terminent par une petite tête...
les deux ont un raphé bien net, seuls les nodules centraux sont différents, les stries ne sont quasiment pas visibles sur celles de gauche certainement à cause de leur finesse face à la grossièreté de mon X40 ON 0,65 à 20 Euros (si, si vous avez bien lu...)
Enfin celle de droite à des stries bien marquées et radiantes...

Bref, à gauche Craticula cuspidata et à droite Navicula lancéolata (ou peut être radiosa...)

 

Amicalement Dominique