LA  PREPARATION  DES  DIATOMEES

Deuxième partie : le montage

  Jean LEGRAND


 

 

Une vue du coin micro(scope !) de mon labo ( 6m² ! ) Vous voyez au fond à droite le petit four à calcination, posé sur une étuve de séchage fabrication maison. Les opérations que je vais décrire tiennent compte de la calcination; il est bien évident que cette opération n'est pas indispensable, elle contribue grandement à la qualité impeccable du résultat final : frustules de diatomées, et rien d'autre !
Je vais y revenir plus loin !

Notez aussi que les préparations se font sur la lamelle, et non pas sur la lame comme on en a l'habitude.

Donc, avec une pince plate à lamelle, on prend...une lamelle et on la chauffe très légèrement : cette opération a pour but de la rendre mouillable, c'est à dire que la goutte de solution d'alcool à 90°
contenant les diatomées que l'on va prendre dans un de nos petits flacons de collection, va s'étaler uniformément sur la lamelle, et non pas se mettre " en boule ".Très important pour la suite !


On agite (avant de l'ouvrir !) le flacon de diatomées, puis on trempe très délicatement un pinceau à aquarelle qui va aller porter son contenu sur la lamelle : attention, on a vite fait d'en mettre trop !
Si le dépôt sur la lamelle est trop épais, il y aura forcément beaucoup de sujets intéressants, mais ils risquent  de se superposer et d'être difficiles à observer; s'il y en a trop peu, il y aura peu de sujets, mais une belle diatomée isolée est un vrai trésor à explorer sur toutes les coutures ! C'est une question de choix et de coup de main...pardon ,de pinceau ! Il faut faire, bien sûr, pas mal d'essais.



On dépose ensuite les lamelles sur un bout de carrelage, dépôt
vers le haut, évidemment ! Ce dispositif est introduit dans mon étuve maison pour un séchage très doux et à l'abri de la poussière ( la chaleur est produite par deux ampoules, l'une de 15w, l'autre de 25w, ce qui donne trois allures de chauffage, chauffage qui ne dépasse jamais 40°. C'est aussi épatant pour l'évaporation des préparations de
microcristaux : je vous conseille de vous  fabriquer une telle étuve, pour trois fois rien, et, en plus,rigoureusement introuvable
dans le commerce !

C'est à ce moment qu'intervient le séquence calcination   (qui va éliminer toutes les impuretés qui pourraient subsister dans les préparations de lamelles.) lorsqu'on peut disposer d'un four.
 En fait il s'agit d'un four à émail destiné à la cuisson de petits objets ( bijoux, petites poteries,etc.). Si vous voulez des préparations de diatomées  impeccables, faites cette acquisition !
 Le plus petit modèle  convient; il faut toutefois qu'il ait une petite fenêtre en mica pour voir ce qui se passe à l'intérieur. ( environ une centaine d'euros dans les boutiques de matériel de dessin et d'arts plastiques ).Ce four donne une température de1000-1200°,
 ce qui est évidemment beaucoup trop pour nos diatomées qui se volatiliseraient. Il faut donc contrôler la température, ce qui n'est pas trop difficile .Pas besoin de pyromètre, la température n'étant pas critique à 100° près : l'oeil suffit, il faut que le plaque de carrelage supportant les lamelles soit au " rouge sombre ", environ 
400 à 500 ° pendant 15 mn, cela s'apprécie très bien à vue.Pour arriver à ce résultat deux solutions : la première consiste à faire des allumages-extinctions à intervalles d'environ 10 à 20s . On peut le faire avec un  "programmateur" qui s'intercale dans le fil secteur ( j'en ai vu à 10€ à Castorama ), ou alors trouver 
une résistance supportant les watts (!) à mettre en série. Pour ma part j'ai la chance d'avoir le radiateur qui chauffe mon labo 
( 2000 w ) qui, mis en série avec le four abaisse la tension aux bornes de celui-ci à 150v ! Et c'est juste ce qu'il faut !

Rassemblez alors tout le petit matériel dont vous allez avoir besoin maintenant: des lames bien propres,( il est souhaitable de les stocker dans un bocal rempli d'alcool à brûler ), le carreau avec les lamelles refroidies, ( si vous les avez passées au four ! ),un flacon de médium ( baume du Canada ou coumarone ). Pour ma part j'emploie la coumarone dont on peut ajuster la viscosité avec du xylol. Je me suis construit un gabarit en creux qui va maintenir la lame en lui évitant de glisser, sur lequel est dessiné l'emplacement de la
   lamelle pour faire une préparation bien centrée et bien présentée. Ayez aussi sous la main quelques aiguilles et aiguilles lancéolées pou ajuster la lamelle.

Là, c'est délicat ! Prenez super-délicatement la lamelle avec une pince fine, avec le dépôt en haut et avec une baguette de verre, posez au milieu une micro-goutte de médium qui doit être ni trop liquide, ni trop visqueux : c'est une affaire d'expérience...la goutte doit se trouver au milieu de la lamelle, surtout ne l'étalez pas.

....puis vous allez retourner la lamelle pour la poser sur la lame en la centrant le mieux possible ( c'est là que mon système est pratique ! ), sans appuyer. Il est normal et même souhaitable que la goutte de médium ne s'étale pas sur toute la surface de la lamelle , sinon c'est que vous en avez trop  mis! Car...

...il reste une opération super-importante : vous allez prendre la préparation bien horizontalement- pas comme sur la photo ! ( une pince à linge en bois fait parfaitement l'affaire )  et la chauffer très légèrement: le médium va s'étaler jusqu'au bord de la lamelle ,arrêtez vite l'opération. ( quelques secondes ). Il y a souvent des petites bulles qui se forment, elle vont automatiquement migrer vers le bord de la lamelle et disparaître en refroidissant; malgré votre curiosité, laissez refroidir à plat et à l'abri de la poussière pendant une douzaine d'heures vos préparations. Ensuite il ne reste plus qu'à étiqueter et à ranger soigneusement dans une boîte spéciale que vous devrez stocker verticalement, car il faut conserver les préparations horizontalement pour éviter d'éventuels déplacements de lamelles.

 


Astorienella formosa  250x


aPlancton d'eau douce ( extemporané ) 1000x

Quelques photos de diatomées traitées avec la série de processus décrits, qui montrent bien la clarté et la
" propreté " des préparations. Au sujet des photos, une évidence s'impose : la couleur est inutile ( il n'y a pas  ou peu de phénomène de polarisation avec les diatomées et le noir et blanc est idéal  ). Pour ma part je travaille en " argentique ", bien que possédant un APN haut de gamme, et ce depuis longtemps car j'ai un très important matériel ( plusieurs boîtiers, flash macro, verres de visée, objectifs, etc.) et l'utilisation de ce matériel qui m'est familier est particulièrement souple et agréable. Je fais moi-même le développement est je scanne ensuite mes négatifs avec un scanner 24x36 qui me donne immédiatement des documents  numériques positifs d'une grande qualité...plus besoin d'agrandisseur - hélas! - ni de bains, ni de papier photographique ! Le temps passe.... à vous de jouer !
                                                                                                  
                                                                                                     
Jean LEGRAND / Mars2003    


                                                                              

 

 

 
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