AUX  FRONTIERES  DE  LA  MACROPHOTO

  Jean LEGRAND

 

 

On a tous eu le problème ! L'objet à observer est trop " gros " pour être confortablement examiné ou photographié, car il dépasse le champ couvert par l'objectif faible dont nous disposons ( en général 
3,5x ou 4x ). D'autre part le moyen employé pour réaliser la photographie ( en particulier la webcam qui
a un champ très restreint par rapport à la vue oculaire ) contribue à accentuer cet inconvénient...

Et cependant, il y a beaucoup de " gros " sujets très petits (!) : larves aquatiques, algues, oeufs ,etc., qui méritent d'être observés, avec une technique propre à montrer des détails invisibles à l'œil nu, mais qui se 
situent à la limite inférieure du microscope, si l'on peut dire !


Une des alternatives possibles, à condition bien sûr de disposer du matériel adéquat est le recours à la macrophoto à rapport élevé. Inconditionnel du 24x36, j'ai donc résolu le problème de cette façon, je vais vous dire comment, ce qui peut vous rendre peut-être service...

Je me sers d'un objectif macro, qui donne , d'origine le rapport 1:1, c'est à dire que sur la diapo, le sujet a ses dimensions réelles, et le champ couvert est 24x36mm.Avec sa bague-allonge spéciale, le grossissement augmente à 2:1 et le champ est de 12x18mm mais c'est encore trop grand pour les sujets envisagés  !
Il faut donc monter l'objectif macro ( en position inversée de préférence, pour le bon " rendement " de l'objectif et les éventuels problèmes de diffraction, ainsi que pour approcher à quelques mm du sujet ) sur un soufflet, qui permet d'atteindre au maximum un rapport de 12:1 soit un champ de
2x3 mm, et là, ça nous convient, d'autant qu'en modifiant le tirage du soufflet, on a toutes les valeurs intermédiaires ! Restent deux problèmes, pour les sujets vivants :
la profondeur de champ et l'éclairage... Au début j'ai essayé de photographier les petits sujets dans un 
" verre de montre " éclairé par en dessous, ou à la rigueur en épiscopie... Impossible avec des sujets plus ou moins turbulents et une profondeur de champ de l'ordre du mm ! J'ai donc imaginé le micro aquarium que vous voyez sur la photo, facile à réaliser avec quelques chutes de verre de 1 ou 2 mm ( vous allez vous exercer à les couper avec une molette : quand vous en aurez raté quelques douzaines tout deviendra
facile !), chutes collées avec de la
cyanoacrylate spéciale verre, trouvée sans problème au Casto du coin.Les dimensions ne sont pas critiques, mais il est important, pour avoir une profondeur de champ correcte, que les parois soient écartées de 4 mm  au maximum, ou même moins, pour éviter à nos petites bestioles d'aller se balader hors du champ , sans leur faire mal...les pauvres victimes de la science !
Pour les côtés n'essayez pas de couper des bandes de verre à 4mm, c'est impossible! Mais vous pouvez par exemple utiliser des lames de microscopies qui " dépasseront ", comme ici : ce n'est pas gênant !




Le montage soufflet + bague d'inversion + bague de commande du diaphragme ( puisque l'objectif est inversé, donc le diaph n'est plus commandé par le boîtier ) absorbe beaucoup de lumière. De plus il faut deux déclencheurs souples : l'un commande le diaphragme manuellement avant le déclenchement puisque la visée se fait diaph ouvert ( sans ça on y verrait rien ! ), l'autre commande l'obturateur.

Le

Voici l'installation: à droite la lampe de microscopie qui permet le suivi de la visée,
 à gauche...coucou ! mon bien-aimé microflash  ( vous connaissez sans doute déjà ! ) qui donne toute la lumière voulue et immobilise le turbulent animalcule... à part les nombreux essais et étalonnages à faire au début, mais une fois pour toutes, ce n'est pas plus compliqué que cela ! (Logiciel en cours d'étude pour avoir automatiquement et rapidement l'ouverture du diaphragme en fonction du tirage .)

Réalisés avec cette technique, trois portraits d'un contorsionniste ( larve de culex pipiens )
Rapport 4:1 Champ couvert
6x9mm

 

Jean                                                                                                        Jean LEGRAND  / Juin 2003