Bryozoaires en couleurs



 

Parmi mes sujets favoris figurent les bryozaires pour la simple raison qu'il m'est facile, résidant prés de la mer, de m'en procurer en toutes saisons sur des cordes immergées qui pendent des embarcations ou même collées sur les coques de bateaux. J'ai donc profité de ce sujet 'bateau' (bon,d'accord le jeu de mots était facile !) pour tester à la fois la caméra USB PEN CAM AIPTEK et un disque de rheinberg car les excellents résultats de Walter m'avaient donné envie de m'y essayer.

A présent je peux réaliser des images de 1600 par 1200 pixels qui ont été réduites dans un rapport 1/3 dans cet article . Ci dessous une image montrant le PEN CAM monté sur un prisme (pas d'origine !) sur mon bon vieux WILD M20 . C'est un assez bon résultat pour une caméra à 59 euros !! . Le cable USB que l'on voit et qui sert à monitorer l'image doit être débranché pour travailler en mode "photo", mais avec un réglage ad hoc de la position de l'appareil je n'ai même plus besoin de monitorer car il n'y a rien à régler ! A ce propos, l'exposition étant automatique, il me parait plus performant dans les images de type 'fond noir' qu'en fond clair qui manquent un peu de contraste (peut être aussi à cause d'un diaphragme de champ trop ouvert )




Le second type d'essai fut le disque de Rheinberg et uniquement le modèle représenté ci dessous d'un diamètre de 32 mm qui se monte sur la sortie lumière du pied du microscope (sous le condenseur ou dans le porte filtre de celui ci mais on perd le bénéfice du décentrement) . Cette disposition en "cadrans" permet de mieux différencier les strutures verticales ou horizontales. Il est imprimé à la jet d'encre, en 2 exemplaires sur du transparent de projection, qui sont superposés pour augmenter la densité de couleur.



Les bryozoaires sont des animaux vivant en colonies de plusieurs centaines d'individus, lesquelles sont visibles à l'oeil nu (2 à 5 cm) et peuvent être confondues avec des plantes aquatiques ou des algues, du fait de leur présentation en bouquets ramifiés. Les anglo saxons les désignent d'ailleurs sous le nom de 'moss animals' : Animaux- mousse.
Animaux marins en majorité, il en existe toutefois quelques espèces d'eau douce comme les Plumatella.

Les bryozoaires m'ont toujours attiré par la beauté de leur forme et leurs mouvements gracieux (qui reposent de l'observation des protozaires un peu excités ! ) bien qu'ils puissent aussi se rétracter brusquement en cas de choc . Ils sont classifiés comme ectoproctes car leur canal excréteur débouche à l'extérieur de leur lophophore, qui est le panache de bras ciliés qu'ils déploient.

Celui ci est retractile , tiré à l'intérieur par un fort muscle que l'on peut facilement voir et couvert de cils, qui par leurs mouvements créent un courant entrainant les particules alimentaires vers leur bouche située au fond de cet entonnoir. Il est assez amusant de les voir avaler une particule avec un mouvement de déglutition caractéristique et de suivre son trajet jusque dans leur estomac. Le mouvement des cils parait assez complexe car ils peuvent aussi éjecter une particule jugée (sur quel critère ??) indésirable





Une petite animation en fond noir montrant le mouvement des bras en temps réel.
(prise avec camera C mos et au x 2,5)

 

On trouve facilement deux types d'espèces (encore plus de sous espèces, différant par la forme de la lorica, sa nature chitineuse ou calcaire, ses moyens de défense etc...Comme on l'a vu, elles colonisent, à fleur d'eau, les coques , cordes, et même coquilles de moules

Premier spécimen les bugulas : chaque individu peut se rétracter dans sa lorica chitineuse dans l'espèce présentée ici. Chez Bugula Neritina elle est calcaire et donne de jolies images en polarisation. La colonie se développe par bourgeonnement d'un individu primaire, lui même issu d'une larve nageuse ciliée appelèe : planula

Une des intéressantes caractéristiques de la colonie est le polymorphisme c'est à dire que les individus peuvent avoir des formes différentes selon leurs fonctions spécialisées :

Les plus évidents sont les gastrozoïdes qui, comme leur nom l'indique, ne 'pensent' qu'à manger mais nourrissent aussi la colonie. Une vue rapprochée de l'estomac de l'un d'eux montre une algue dinoflagellée (protoperidinium) à l'intérieur. Des cils et des contractions aident à la digestion
.
Animation ( ICI - AVI 950 KO) en éclairage de rheinberg et temps réel.



Mais si on regarde de plus prés on distingue deux autres types de fonctions : parfois (mais uniquement en période de reproduction ) des structures sphériques nommées oecia qui sont des individus reproducteurs qui libèreront à maturité la planula de tout à l'heure.




Mais plus étrange encore ce troisème type (de rencontre ?) : des individus en forme de bec d'oiseau de proie fort justement nommés Aviculaires qui défendent la colonie contre les agresseurs. Lorsque on agite un peu la colonie ils se balancent comme sur l'animation ci dessous (Cmos camera) et plus rarement on peut les voir se refermer brusquement. Il semble y avoir à l'intérieur du "bec" des cils sensibles qui déclencheraient cette fermeture... D'aufres espèces possèdent des 'tiges', mobiles également, nommées vibraculaires.

 

L'image suivante montre la position de l'aviculaire et un gros plan de celui ci .

 


 
Une autre espèce est le ZOOBOTRYON, chez qui on ne trouve pas de lorica rigide mais une sorte de tige (stolon) de 2 à 3 cm reliant des 'bouquets' d'individus .L'ensemble de la colonie peut atteindre des tailles surprenantes : j'en ai vu de plus de 50 cm de diamètre ! (une appellation anglaise le désigne comme "spaghetti bryozoan" ce qui décrit bien l'ensemble !) Cette tige, maintenue rigide par sa pression interne est en réalité un autre type d'individu dit kenozoïde contenant un réseau : le funiculum qui les relie entre eux mais dont la fonction est mal connue . (images prises avec objectif x 6,3 )

 

 


Le lophophore possède seulement 8 bras mais les cils sont efficaces comme le montre la vidéo ICI (AVI 1 MO) .

 

 

Voici une image commentée d'un gastrozoïde de zoobotryon. Dans le coin gauche en haut, une image rare montrant l'anus dilaté (invisible autrement) qui vient d'éjecter une pelote fécale (que l'on voit encore à proximité) La masse brune que l'on distingue dans l'autre image prés de la base du zoïde est une sorte de gésier capable de briser le frustule des diatomées ingérées !

Ci dessous une image de zoïdes rétractés : le muscle rétracteur est bien visible sur l'individu le plus à droite (Eclairage de Rheinberg )









Il arrive que de jeunes individus 'tombent' de la tige et deviennent le point de départ d'une nouvelle colonie.
(Eclairage Rheinberg et Circular Oblique Ligthing : COL)
( objectif x 15 - montage de 4 images caméra CMOS Analogique)
 


J'espère que ces quelques images sont capable de décrire les intéressant aspects de ces créatures marines, qui sont faciles à observer à relativement faible grossissement x2,5 ou 6,3 ici, en utilisant des boites de Pétri ou des lames à puits qui leur permettent de déployer tranquillement leurs lophophores...Il est possible de les conserver plus d'une semaine