REALISER UN CHAUFFE GELATINE ELECTRIQUE

 

 

 

Lorsque l'on s'intéresse un tant soit peu à la microscopie, le besoin de conserver des spécimens rares ou inhabituels arrive rapidement. Tous nos ouvrages de référence – souvent de la première moitié du siècle dernier – préconisent des milieux de montage qui ont traversé les décennies : baume du Canada, Coumarine, Gélatine glycérinée (ou Glycérine Gélatinée NdR )….Le temps de conservation des échantillons dans ces milieux est en général proportionnel à la complexité de la préparation : par exemple seuls peuvent être montés au Baume du Canada des échantillons parfaitement déshydratés, ce qui est long et parfois incompatible avec la préservation de leur forme. Par contre la conservation dans le baume peut dépasser le demi siècle !Un des milieux les plus simples et qui permet des conservations d'au moins 5 ans est la gélatine glycérinée, très simple à faire soi même (voir article sur la préparation des lames). D'autres milieux , plus modernes existent aussi : Alcool polyvinilique (PVA, …) - voir articles de Walter Dioni, mais sont parfois difficiles à trouver

Le principal défaut de mise en oeuvre de la Gélatine (appelons la : GG) est qu'il faut la chauffer vers 50 – 60° pour la liquéfier MAIS sans la faire bouillir car les bulles sont très difficiles à retirer. Les sources de chaleur à flamme sont inadaptées et souvent dangereuses dans notre petit coin de local qui nous tient lieu de laboratoire.

D'où l'idée de réaliser un chauffe GG, électrique à température modérée, réglable et SURTOUT basse tension toujours dans un souci de sécurité. (j'insiste sur ce point car on a trés souvent des renversements accidentels de nos échantillons liquides et la tension secteur ne fait pas bon ménage avec ceux ci) La version simple ci dessous peut bien évidemment être déclinée presque à l'infini avec des moyens de réglage plus fins de la température, voire un véritable asservissement à une valeur de consigne (cela pour les pro de l'électronique !)

L'élément chauffant est une ampoule navette utilisée comme éclairage plafonnier en automobile . Elle existe en 12 volts 5 watts et 12 volts 10 watts. Seule la version 5 watts doit être utilisée : il faut choisir un ampoule dont le verre dépasse nettement des deux électrodes, car il sera en contact avec une lame de verre qui elle même transmettra la chaleur à votre lame en préparation.





Les schémas ci dessous parlent d'eux même. La principale difficulté réside dans les 2 morceaux de fil de cuivre d'environ 1,5 mm de diamètre pliés en forme de M qui servent de contacts à l'ampoule et qui grâce à leur élasticité la plaquent aussi contre la lame de verre . Il faudra peut être les tordre un peu une fois fixés dans les ‘sucres' (blocs de jonction) pour arriver à ce résultat. La plaque de plastique avec la découpe un peu plus petite que celle de la lame 25 x 75 collée dessus peut être une carte ‘à gratter‘ de téléphone portable, ou votre ancienne carte de crédit ! (que vos achats inconsidérés de matériel de microscopie ont prématurément vidée …) Vous pouvez aussi en coller deux l'une sur l'autre, celle du dessus ayant une découpe exatement égale aux dimensions de la lame dans laquelle cette dernière s'encastrera


 

Au cas ou la colle ne tiendrait pas bien, il est possible de recouvrir les extrémités de la lame par deux ‘caches' surélevés par de l'adhésif double face et pris sous les vis de fixation de la carte servant de couvercle (voir détail à droite)



 

Pour l'alimentation il faut un bloc secteur 3 à 12 volts pouvant délivrer AU MOINS 800 mA (ou 0,8 ampère) . Un bloc 0,5 ampère NE CONVIENT PAS.



 

Utilisation : mettre le sélecteur du bloc secteur sur 6 ou 9 volts pour commencer ; l'ampoule s'allume, poser une goutte d'eau au milieu de la lame collée (améliore le contact) et poser dessus, en travers, la lame à préparer avec l'objet dans un peu de liquide glycériné que l'on aura laissé évaporer, ou aspiré avec un " essuie tout " : le sujet doit être juste humide . Poser 2 ou 3 fragments de GG de la grosseur d'une ½ tète d' allumette autour de l'objet et attendre qu'ils fondent. Si ce n'est pas le cas au bout d'une minute, passer le sélecteur de voltage au cran supérieur 6à 9 ou 9 à 12 volts. Inversement si trop chaud passer au cran inférieur.Comme l'ampoule éclaire (aussi !), il est facile de voir s'il n'y a pas de grosse bulle lorsque les morceaux ont fondu . Dernière petite astuce pour déposer la lamelle : la plonger en oblique dans la GG fondue et la soutenir avec une aiguille jusqu'à ce qu'elle soit posée comme sur le schéma ci dessous. Poser ensuite la lame sur une surface froide (plaque métallique) et laisser prendre au moins 10 mn.

 


 

Avec ce petit accessoire le montage à la GG devient très facile et les résultats reproductibles. Si vous n'utilisez pas le montage pendant quelques minutes passer en 4,5 volts pour maintenir la température sans surchauffe…

La version que j'emploie (photo ci dessous) n'est pas celle ci mais utilise un groupe de résistances noyées dans du plâtre sous une plaque d' aluminium. Je pensais que cela chaufferait plus vite, ce qui est le cas mais ce n'est pas un avantage évident, d'autant plus que l'on perd la possibilité d'éclairage direct de la zone de travail !. (qui est réalisée ici par une ampoule sous un plexi translucide)



 

S'il y a débordement de la GG , une fois celle ci bien refroidie, vous pouvez passer la lame sous un filet d'eau FROIDE et frotter avec une vieille brosse à dents pour enlever l'excès de GG . Bien laisser sécher avant de lutter avec deux couches de vernis à ongle par exemple. Si au contraire la GG n'atteint pas le bord de la lamelle, il suffit de remettre à réchauffer et de poser un petit fragment de GG contre le bord ou se trouve le manque : par capillarité la GG fondue s'infiltrera sous la lamelle .

Dernier avantage : à l'observation, si le résultat n'est pas satisfaisant, le sujet a bougé , s'est fragmenté, (ou est vraiment trop moche !) il suffit de plonger le tout dans un verre d'eau très chaude pour récupérer lame et lamelle !