DEMARRER EN MICROSCOPIE - I Que voir ???

par J.M. CAVANIHAC



Le monde microscopique est un univers fascinant et sans cesse renouvelé : le microscope est même devenu le symbole du scientifique.
L' attrait était tellement vif, fin 19 ° début 20° siècle, que la microscopie était presque devenue une activité de 'salon' , ... à une époque ou la science était 'amusante' et ne faisait pas encore peur…

Cet attrait n'a pas toujours été aussi marqué en France que dans d'autre pays et il faut saluer la présence de sites sur internet tels que MicrOscOpies, ou Micscape qui pourraient avantageusement remplacer ces petits ouvrages d'initiation de l'époque qui contenaient de merveilleux dessins à la plume représentant les organismes que l'on pouvait observer.

A voir les kits de microscopes qui fleurissent à l'époque de Noël et leur prix défiant toute concurrence, il y aurait, semble-t-il, toujours un attrait potentiel de la microscopie pour les plus jeunes. Hélas ces microscopes ont beaucoup de pièces en plastique (y compris parfois les lentilles !) ce qui leur confère une faible qualité optique, aggravée par le manque de rigidité du statif : Il est rarement possible de les utiliser au delà d'un grossissement de 100 fois. Mais il est surtout regrettable qu'il n'y soit joint aucun fascicule qui donne des conseils sur la façon de préparer les objets ainsi que des idées de choses à découvrir . Et croyez moi on peut passer à coté de beaucoup de choses intéressantes , et être déçu, y compris par un microscope de prix.

Première recommandation : le microscope voit au travers des objets ce qui signifie qu'ils doivent être les plus transparents possible à la lumière : pour ce faire il faut qu'il soient les plus minces possibles ET/OU qu'on les rende transparents. Première condition qui peut être réalisée avec l'utilisation d' un microtome, mais qui n'est pas indispensable pour commencer. Par contre il est FONDAMENTAL de transpariser les objets : comment ? simplement par l'observation en milieu liquide. Faites ce test : posez quelques grains de pollen de fleur sur une lame à sec et à l'observation vous ne verrez que quelques tas noirâtres très décevants. Mais posez les dans une simple goutte d'eau avec le couvre objet par dessus pour réduire l'épaisseur , et toute la richesse de leurs détails vous apparaîtra.

Convaincus ?? . Certains objets sont un peu difficile à mouiller (insectes...) Voici une recette ancienne mais simple d'un liquide glycériné , qui évite aussi à vos objets de sécher pendant plusieurs jours : mélanger 1/3 eau distillée, 1/3 glycérine, 1/3 alcool à 70° et bien agiter. On peut utiliser pour faire 30 ml de solution : 8 ml glycérine, 10 ml eau et 12 ml alcool (pour compenser l'évaporation de l'alcool et la viscosité de la glycérine)

Deuxième recommandation : toujours démarrer au plus faible grossissement pour repérer toute la surface à explorer, centrer les zones les plus intéressantes au milieu du champ de vision et passer ensuite aux objectifs de grossissement supérieur. Ne pas fantasmer sur les très forts grossissements : les observations les plus intéressantes se font avec les objectifs de 4 à 20 fois . Le 10 x est vraiment universel . L'usage du 40 x ou du 60 x ne se justifie que dans 15 à 20 % des cas.

Privilégier aussi le réglage de l'éclairage qui est très important et utiliser le diaphragme pour limiter l'éclairement juste au champ couvert par l'objectif (et PAS PLUS) pour obtenir le meilleur contraste : un objectif de 4 x possède un champ de vision d'environ 4 mm alors que celui de 40 x est de moins de 0,5 mm. Par ailleurs la fermeture du diaphragme augmente la profondeur du champ de vision.

Pour reprendre le thème de l'introduction, il m'arrive souvent de voir des adolescents qui ont un microscope qui pourrait leur servir à un bon début même s'il n'est pas très performant, mais qui n'ont aucune idée de ce qu'il pourraient voir avec . Pourtant avec un peu de réflexion, les sujets sont innombrables si on leur applique un minimum de préparations telles que décrites ci dessus. En résumé on peut observer n'importe quoi mais pas n'importe comment.

Quelques idées en vrac : (mais pour ne pas ralentir le chargement de la page, les image sont été 're-samplées' dans des format plus petits ) et celle ci divisée en 2 parties

- dissoudre une cuillère à café de sel de cuisine dans un verre d'eau tiède, bien remuer, laisser reposer, prélever une goutte, laisser évaporer sur la lame (sans couvre objet ) et observer les belles cristallisation cubiques régulières.

 
 

- fibres de tissu, laine, lin, coton, soie, synthétique… avec un peu d'habitude vous deviendrez un vrai détective…

- vous avez bien un papillon ou deux coincés dans la calandre ou sous l'essuie glace de votre voiture : prélevez de la poussière des ailes (écailles ..), trompe, pattes, oeil à facettes...

Photos ci dessous : écaille des ailes, facettes de l'œil (15 x) Acarien (15 x)

 
 

- poils des plantes (hé oui ! elles en ont aussi..) : regardez les plantes même sauvages, même sur votre balcon, géraniums, lierre, chrysanthèmes…, et en détachant un petit morceau d'épiderme avec une pince à épiler, (plus facile sur les tiges que sur les feuilles ) que vous placerez dans une goutte de liquide, vous découvrirez une grande variété de poils aux formes plus extraordinaires les unes que les autres...

- grand classique : les cellules de l'oignon : (ne soyons pas sectaires ça marche aussi avec l'ail, même si l'épiderme est un peu plus difficile a détacher). Savez vous que si l'oignon a un peu 'germé' et si vous prélevez à proximité des parties vertes vous pourrez aussi voir des stomates ?: dernière image colorée à l'éosine, les autres images sont de droite à gauche :poil de chrysanthème, poils de feuilles, (ne me demandez pas l'espèce !)

   

- prélever un peu d'eau dans un vase de fleurs où elles ont séjourné un jour - ou mieux deux - (sans changer l'eau ), gratter la tige immergée des fleurs : protozoaires à gogo...

quelques protozoaires fixes (pour changer …) : peritriche, opercularia, vorticelle, suctoria,

 
 
 

 

 
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