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MONTAGE DES LAMES J.M. CAVANIHAC |
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Dans les observation microscopiques que nous faisons, entre pour une large part le hasard : certains organismes n'existent qu'en un seul spécimen dans notre prélèvement et nous resterons peut être des années sans en retrouver un autre... Que faire pour conserver une trace de ces observations uniques ? La première idée qui nous vient est de faire photos sur photos, avec des grossissements différents, voire réaliser une mosaïque d'image pour obtenir une vue globale du sujet . Mais est ce suffisant ?? Par exemple certaines espèces de copépodes ne se différencient que par la forme des appendices servant à la nage. Si ceux ci ne sont pas nets ou sont cachés dans le plan de prise de vue il sera impossible à posteriori d'identifier l'organisme uniquement sur photo. D'ou l'alternative, utilisée depuis
des décennies, peut être aussi parce que la photo était
trop chère, de conserver physiquement les objets en réalisant
leur montage sur lame. Cette solution permet à tout moment de revoir
le spécimen, de rechercher un détail qui aurait échappé
à la photo, d'utiliser d'autres techniques d'observation : lumière
polarisée, contraste de phase, DIC,... le jour ou nous aurons à
notre disposition des microscopes plus sophistiqués... |
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Première étape : Avant de placer définitivement le sujet entre lame et couvre objet (définitivement, car cet assemblage est difficilement démontable et entraîne en tous cas la perte de l'objet), il faut qu'il soit apte à se conserver le plus longtemps possible: pour cela la première opération est de le fixer (c'est le terme utilisé) en l'imprégnant de substances qui stoppent les processus de dégradation en général par dénaturation des protéines. L'agent fixant le plus connu est le formol, mais l'alcool peut être utile aussi (avec de moins bons résultats), de même que l'acide acétique . On aborde ici un des casses têtes du microscopiste amateur qui est de se procurer en faible volume (et faible coût !) ce type de produit. Les distributeurs de produits chimiques vous fourniront aisément 1 litre de formol ultra pur pour 25 € mais qu'en ferez vous, sachant qu'il polymérise au dessous de 17 ° avec le temps et devient inutilisable. Donc: formol en dilution de 4 à 10 % . Pour se dépanner : un produit désinfectant pour aquarium en vente dans les animaleries (évite les points blancs sur les poissons...) contient 4% de formol dans une de ses versions et 10 % dans une autre plus quelques milligrammes de désinfectant et un colorant. La concentration devrait convenir, mais j'avoue ne pas avoir trop de recul quant à la conservation. Un fixateur 'universel' est le picro formol de BOUIN qui est un mélange de 25 % formol, 70 % acide picrique et 5% acide acétique (en vente dans magasin spécialisé en microscopie ) Un classique : le Lactophénol mais en plus de l'acide lactique il contient du phénol qui est toxique. Idem magasin spécialisé. NB: le formol n'est pas anodin pour la santé et il faut éviter d'en respirer les vapeurs. Toutes les adjonctions de produits se font directement sur la lame afin d'éviter de manipuler des échantillons fragiles. Personnellement j'utilise le Bouin. Mais à
défaut un mélange de 20 ml de vinaigre, 75 ml d'alcool à
90° (alcool pour désinfection d'instruments : pas pour soigner
les plaies !) et 5 ml de glycérine est un conservateur acceptable
utilisable avec des temps de fixation plus longs (une 1/2 heure à
1 heure ) mais non toxique. |
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2° étape : LAVAGE : eau distillée ou déminéralisée : très important surtout après utilisation du formol : tout résidu va rendre l'objet cassant à long terme et va aussi le décolorer. Si on souhaite colorer , c'est le moment. 2° étape et demie : facultative : Coloration : la 'bonne' coloration est celle qui permet de colorer spécifiquement certains tissus (et pas les autres) pour mettre en évidence des structures parfois trop transparentes (ex: noyaux cellulaires...). Là encore casse tête : mais deux colorants au moins sont facile à trouver : éosine (en grandes surfaces et parfois en dosettes très pratiques) et bleu de méthylène (pharmacies). A défaut on peut essayer les colorant liquide alimentaires (voir rayon préparation pour gâteaux !). Sans trop entrer dans les détails il
y a deux modes de coloration : coloration progressive et régressive.
Dans le premier cas on plonge l'objet dans le colorant et on surveille
la coloration : on stoppe en rinçant quand la densité souhaité
est obtenue. Dans la méthode régressive on sur- colore et
on plonge ensuite dans un bain décolorant en surveillant cette
fois la décoloration. Par exemple pour décolorer avec l'éosine
utiliser 100 ml d'alcool à 70 ° dans lequel on a mis 1 ml d'acide
chlorhydrique. Toujours bien rincer ensuite. |
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3° étape choix du milieu de montage: la suite du processus va dépendre du milieu de montage : il y en a de deux types : milieux aqueux et résines . La résine la plus connue est le Baume du Canada (résine naturelle d'un pin) : MAIS les objets doivent être parfaitement déshydratés par passages prolongés dans plusieurs bains d'alcool absolu puis du xylène (toxique ++) . La conservation est parfaite et les anciennes lames étaient montées ainsi. Ce traitement est un peu agressif pour de petits objets qui ne supportent pas bien la déshydratation : si celle ci n'est pas parfaite la préparation va se troubler sous le couvre objet et devenir opaque. |
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| A notre niveau et tout
en acceptant une durée de conservation bien moins longue (4 - 5 ans
au moins quand même) il existe une technique très simple, pas
chère, pratiquement applicable à tous les objets, non toxique
et sous certaines conditions permettant de démonter les lames . C'est
la gélatine glycérinée (GG): encore une vieille recette,
mais qui vous plaira car vous pouvez la faire vous même avec de la
gélatine alimentaire en feuilles au rayon pâtisserie (encore
!) des grandes surfaces (ou à partir de suppositoires à la
glycérine ...mais je vois d'ici votre tête en allant en acheter
à la pharmacie : rassurez vous, ils existent aussi en modèle
'enfant' et vous pourrez toujours prétexter que c'est votre petit
dernier qui a des difficultés à évacuer...) |
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| Pour les suppos : très
simple : faire fondre au bain marie et rajouter une quantité égale
de glycérine, Laisser le produit se solidifier dans un flacon à
large ouverture |
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Avec les feuilles : Faire tremper 2 grammes de feuilles de gélatine dans 10 ml d 'eau pendant 2 heures. Faire chauffer au bain marie dans le flacon définitif (de préférence à large goulot, contenance 30 à 50 ml) jusqu'à ce que la gélatine soit fondue: ajouter alors 12 ml de glycérine et remuer longuement pour bien mélanger : laisser encore 5 minutes puis laisser refroidir. Ne pas laisser bouillir !. La gélatine se solidifie mais le mélange reste souple. Il est ensuite possible d 'en retirer
des petits morceaux avec une pince à épiler. Ceux ci fondent
vers 50 à 60 ° C ce qui permet d 'y inclure les objets sans
trop les chauffer. Il faut au préalable imprégner les objets
sur la lame avec du liquide glycériné et laisser évaporer
un peu : les objets doivent être justes humides . Si nécessaire
retirer l'excédent avec un coin de mouchoir en papier. On peut
aussi poser quelques fragments de GG (pas plus gros qu'une lentille (pas
optique mais le légume!) a proximité de l'objet et laisser
fondre : la GG imprégnant alors l'objet. |
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Comment chauffer ? le plus simple est quelques secondes au micro onde: la gélatine ne doit surtout pas bouillir : faites quelques essais préalables ! S'il y a des amateurs, je décrirais un petit accessoire chauffant alimenté en base tension permettant de fondre la gélatine sur votre bureau lui même. Il y a une petite astuce pour éviter d'emprisonner les bulles, c'est d'appuyer la lamelle sur une aiguille avec l'autre côté trempant dans la gélatine fondue , puis de baisser l'aiguille tout en la retirant doucement comme indiqué ci dessous. |
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Je vous entends déjà demander : et le montage des protozoaires ? : il est extrêmement difficile car ils se contractent ou explosent lors de la fixation ou du montage. Vous pouvez essayer de faire des frottis en mélangeant très peu de NIGROSINE ou à défaut d'encre de chine à l'eau ou ils se trouvent sur la lame étaler, et sécher TRES rapidement. Mais çà marche un coup sur dix. |
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