Les Rotifères ,morphologie , anatomie et écologie
par Michel Verolet,

 

     
 

Introduction

Les rotifères font partie des Métazoaires ,ils sont formés d'un nombre faible et constant de cellules fixe dès l'éclosion (environ un millier). Ils ont une taille comprise entre 0,1mm et 1mm.

Peu présents dans le milieu marin , ils sont largement répandus dans les eaux continentales ainsi que dans les milieux humides des mousses où dominent les Bdelloïdes.

Leur nom vient du fait que chez certains , la vibration des cils de leur couronne ciliaire donne la sensation de rotation de deux petites roues.

Il y a environ un peu plus de 2 000 espèces dénombrées.

 

 

 

     
 

Morphologie

Le corps comprend trois parties :
- la tête
- le tronc
- le pied.

 
Notommata veroleti POURRIOT 2006
   
  La partie antérieure porte la couronne ciliaire. Organe caractéristique de la classe. D'importance variable selon les genres, elle se compose d'une plaque buccale et d'une ceinture circumapicale . Cet appareil ciliaire sert à la fois à la locomotion de l'animal et à la création de courants canalisant les particules alimentaires vers la bouche,

 

Plaque buccale
   
formation du courant
   
"Roues"
Couronne ciliaire
   
  Pour les espèces fixées cette couronne ne sert plus qu'au captage de la nourriture et fonctionne comme un piège

 
Stephanoceros fimbriatus
Collotheca sp3
   
Stephanoceros animée
   
Collotheca animée
   
  La cuticule du tronc reste souvent mince et souple mais peut, chez quelques espèces, s'épaissir et former une carapace ou lorica parfois indéformable. Cette lorica est quelquefois pourvue d'ornementations spécifiques (stries, protubérances, etc...) ou d'appendices cuticulaires (épines, soies...)
 
lorica Brachionus sp.
Cuticule souple d'un Encentrum sp.
   
  Le tronc se prolonge par un pied terminé généralement par deux orteils chez les Pseudotroques. Deux glandes parieuses sécrètent une substance adhésive permettant à l'animal de se fixer temporairement
 
glandes pédieuses
Praoles daphnicola
   
orteils de Monommata
   
  Exemple de fixation temporaire

 
fixation temporaire de Testudinella patina
   
  ou définitivement pour les espèces sessiles à l'état adulte à un support.

 
Collotheca sp
Collotheca sp 2
   
  Ce pied a parfois régressé ,sa disparition est complète chez certaines espèces

 
Asplancha priodonta
Notholca squamula
   

 

 

 

Anatomie

Malgré leur petite taille et le faible nombre de cellules, ils sont constitués d'organes spécialisés au nom révélateur (œil, cerveau, oesophage, estomac, intestin) , que la transparence du tégument permet de voir sur l'animal vivant.Le système digestif se compose tout d'abord d'un pharynx ou mastax


 
  Le mastax est un muscle qui renferme des pièces dures: le trophus qui permet de broyer les aliments avant leur passage dans l'estomac.Il peut être pour certain propulsible pour attraper les proies.

 
ejection trophus
   
Mastax et trophus
   
  Les éléments principaux qui le compose sont: Les manubrium , Les rami ,Les unci, Le fulcrum .
 
T. forcipé
   
 

Le trophus, dont le type spécifique est un élément essentiel à l'identification des familles et dont l'étude approfondie est souvent indispensable pour l'identification de l'espèce.des espèces .

On distingue six types principaux, suivant la structure fonctionnelle.

 
T mallée
T cardé
   
T forcipé 2
T.incudé
   
T.malleoramé
T.virgé assymétrique
   
T.ramé 1
T.ramé 2
   
  Suivent ensuite l'oesophage, l'estomac flanqué de deux glandes gastriques, l'intestin et le cloaque.

 
glandes gastriques
   
  La vessie reçoit deux cordons néphridiens latéraux et se déverse dans le cloaque, Le système reproducteur comporte la gonade impaire, masquée par une énorme glande plurinucléée qui synthétise le vitellus des œufs : le vitellogène, caractérisé par de gros noyaux en nombre généralement fixe pour une espèce. L'oviducte aboutit également au cloaque qui débouche dorsalement au pied.

 
vitellogène
   
  Certains genres, tel Asplancha., sont dépourvus d'intestin et, donc, de cloaque. Les parties dures, indigestes des proies sont rejetées à l'extérieur par un mécanisme inverse de l'ingestion.

 
A.brightwelli
   
  Les Rotifères sont également pourvus de systèmes nerveux (organes sensoriels, œil ou ocelles - parfois absents -. ganglions cérébroïdes) et musculaire.

 

1 oeil cérébral
2 glandes subcérébrales
3 sac rétrocérébral

   
  En revanche, ils sont dépourvus de système circulatoire. Après digestion, les substances nutritives traversent la paroi de l'estomac et de l'intestin et circulent dans le pseudocoele où elles alimentent toutes les cellules de l'animal. Ces mêmes cellules rejettent les déchets de leur métabolisme dans le liquide pseudocoelomique qui sera filtré au niveau des cellules-flammes, assurant à la fois l'excrétion et l'osmorégulation du milieu intérieur.

 
cellule flamme
   
  L'organisation décrite ci-avant est celle de la femelle. Celle du mâle, nain,est plus rudimentaire : pas de carapace ni de tube digestif, couronne ciliaire simplifiée et pseudocoele essentiellement occupé par le testicule. (Voir l'article qui leur est dédié )

 

 

 

 

Ecologie et répartition

Les Rotifères colonisent des biotopes aquatiques ou péri-aquatiques variés, du sol humide au milieu marin. Communs dans les eaux douces où la majorité d'entre eux appartiennent aux Monogonontes, ils sont rares en mer où on observe surtout, à côté des Seisoniens, des Monogonontes du genre Synchaeta.

 
Synchaeta marin
   
 

Les Rotifères colonisent également les eaux saumâtres, Ils se rencontrent aussi dans les eaux natronnées Dotés des possibilités de survie en conditions extrêmes de gel ou d'assèchement, les Bdelloïdes composent la majorité des peuplements du sol et des Mousses. Quelques espèces des genres Rotatoria et Philodina sont pratiquement les seules du groupe à se développer dans les eaux douces.

 
Philodina sp.
   
  Les Rotifères planctoniques sont globalement cosmopolites bien que la répartition de quelques espèces, soit limitée à un continent Toutefois, le cosmopolitisme serait beaucoup moins accentué chez les espèces périphytiques et benthiques ; La composition spécifique des peuplements de Rotifères diffère, malgré tout, d'un biotope à l'autre. La plupart des espèces du genre Brachionus se rencontre préférentiellement dans les eaux alcalines entropies.

 
Brachionus sp .3
   
  La spécificité alimentaire des rotifères est plus ou moins marquée selon les espèces, la variété étant fonction des types de mastax et de couronne ciliaire. Les Rotifères sont ainsi microphages, ils se nourrissent alors de Bactéries, d'Algues, de détritus .

 
N.veroleti repas
Synchaeta sp
   
  ou sont saprophages carnivores (Dicranophoridae à mastax forcipé )

 
Dicranophorus secretus repas
   
  ainsi que les Asplanchnidae à mastax incudé , çi dessous le contenu de l'estomac de Asplancha brightwelli :4 lecanes + 3 autres trophi

 
A.brightwellii repas
   
  Les rotifères ont aussi leurs prédateurs : ici quelques exemples trouvés au cours de mes observations

 
Gyratrix repas
   
Heliozoaire repas
   
Prédateur de rotifères
   

 

 


Ce petit article complète ceux déjà réalisés sur les rotifères. Il est aussi une première partie qui précède la clé des genres à venir.

Bibliographie:

Rotifères de R POURRIOT et A-J FRANCEZ

Traité de Zoologie T.4 Fasc3 : Classe des rotifères par Paul Marais De BEAUCHAMP

 
 

Remerciements à R.POURRIOT pour l'aide qu'il m'apporte dans l'accomplissement de ma passion.