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Du côté des Verts : |
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M'inspirant d'une méthode de Dop et Gautié ( 1928 ) j'ai fait quelques essais systématiques de colorations au carmin aluné et au vert de quelque chose ( iode, de méthyle, brillant ) suivies de déshydratation et montage à la résine synthétique Entellan de Merck ( je suppose que l'Eukitt peut également être utilisé ). Les résultats semblent bons et sont comparables selon le « vert » utilisé. Après quelques mois, il n'y a pas d'atténuation de la coloration. Il faudrait attendre plus longtemps pour en être sûr, en attendant je vous livre la méthode. L'avantage est double : au vert d'iode ( No C.I. 42556 ) qui semble être de plus en plus difficile à trouver, on peut substituer le vert de méthyle ( No C.I. 42585 ), plus courant et moins cher. Le vert Brillant ou vert d'éthyle ( No C.I. 42040 ) donne des résultats comparables au vert d'iode ou au vert de méthyle. En cas de « bon » vieillissement ( à contrôler d'ici fin 2006 ), la conservation des coupes pourra être envisagée soit pour collection personnelle soit en vue de TP.
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Méthode : |
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Les coupes sont obtenues de manière habituelle : rasoir, sureau ( 1 ) avec ou sans microtome à main. Elles proviennent de matériel fixé au FAA. ( 1 ) : la moelle de sureau est avantageusement remplacée par de la moelle de tournesol |
| Résultats : | ||||||
deux photos ( a et b ) illustrent le résultat : coloration au carmin et au vert de méthyle ( de Chroma, Stuttgart ), jeune tige de Peuplier. Les verts d'iode et vert Brillant donnent des résultats tout à fait comparables.
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Chez les « Bleus » |
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Les essais pratiqués en utilisant différents bleus ont donné des résultats divers, parfois décevants. Cela paraît lié à la déshydratation, pourtant rapide, qui « efface » une grande partie de la couleur bleue. Cela a été le cas avec le Bleu de Lyon ( No C.I. 42775 ) et le bleu de méthyle ( No C.I. 42780 ) où les éléments lignifiés sont bleus très pâle. Locquin et Langeron ( 1978 ) développent une méthode très appropriée pour les coupes paraffinées : méthode au bleu de méthylène aluné et au rouge de Ruthenium. Dans notre cas, en appliquant la méthode « anatomique » de préparation expliquée plus haut, les résultats sont satisfaisants ( Photo c ).
Le bleu de méthylène ( No C.I. 52015 ) à raison de 1 gramme dans une solution à 10% d'alun de K, colore les éléments lignifiés de manière spécifique. Temps 5 à 10 minutes. Après différenciation à l'eau, les coupes sont mises dans une solution très diluée de rouge de Ruthénium, dont le prix astronomique incite à la modération, genre pointe d'aiguille lancéolée dans un ou deux cc d'eau du verre de montre ! Cette solution de sesquichlorure de Ru ammoniacal est instable (désolé, je n'ai pas la formule ! ).Temps 2-5 minutes. Puis lavage à l'eau. Ce colorant minéral ne colore que les matières pectiques et de ce fait donne une coloration très fine des parois cellulaires. Déshydratation et montage comme vu plus haut. |
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Les éléments lignifiés sont colorés en bleu, les tissus cellulosiques en rose : cette coloration des matières pectiques est de nature plus fine que celle obtenue avec le carmin aluné. Un bon résultat, quant à sa simplicité et rapidité, est obtenu avec le bleu de toluidine ( No C.I. 52040 ). Les coupes, à la sortie de l'eau acétique, sont mises quelques minutes dans une solution à 0.5% de bleu de toluidine, puis différenciées à l'eau, déshydratées et montées comme plus haut. La coloration différentielle des éléments lignifiés ( vert à vert émeraude ) et cellulosique ( bleu d'intensité variable ) est due aux propriétés métachromatiques de ce colorant. L'étude topographique et même détaillée est très facile ( Photos d et e ).
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Les éléments lignifiés, xylème, xylème interfasciculaire sont colorés en vert. Les tissus cellulosiques en bleu variable. Je dois avouer que je n'ai pas de recul dans le temps quant à la conservation des coupes « bleues ». Après une quinzaine de jours, il n'y a pas d'effacement ou de diffusion de colorants dans le milieu de montage. A suivre… |
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| Conclusion : | ||
L'objectif était de mettre en évidence l'une ou l'autre méthode fiable et facile, destinée aux études et travaux d'anatomie végétale. Il convient de voir deux situations : celle, par exemple, de travaux pratiques avec de nombreux élèves où l'observation momentanée suffit. Dans ce cas, on ne peut que recommander le carmino-vert en un temps de Mirande, avec montage à la glycérine ou gélatine glycérinée. Conservation : quelques mois. On peut également pratiquer la coloration au bleu de toluidine seul.
A vous de choisir ! G.L. Auderset ( www.microresolution.net ) |
| Références : |
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Mirande R. ( 1920 ) : C.R. Académie des Sciences, p. 197, février 1920 ( Cité par Langeron ) Dop P., Gautié A.. ( 1928 ) : Manuel de techniques botaniques. Lamarre ed. Paris Lillie R.D. ( 1969 ) Conn 's Biological Stains. Waverly Press, Baltimore ( pour les ref. numériques C.I. ). Locquin M., Langeron M. ( 1978 ) . Manuel de Microscopie. Masson ed. Paris |