|
|
|||||
![]() |
||
|
BUTS A ATTEINDRE Les objets destinés à être observés au microscope, doivent, par définition être transparents et le plus minces possible; ce n'est pas le cas des insectes, qui même petits, sont opaques. Il va donc falloir leur faire subir un traitement qui vise à les "vider" de leurs substance interne pour ne conserver que l'exosquelette chitineux, qui, lui, devra le plus souvent subir un traitement éclaircissant. Ensuite, il faudra réduire au maximum l'épaisseur des objets pour les rendre compatibles avec un montage entre lame et lamelle. Bien sûr, on peut se contenter d'une observation temporaire, mais quand on réussi une " belle " préparation, il y a relativement peu de chose à faire pour rendre cette préparation définitive, ce qui en vaut la peine et permet de conserver un long travail. QU' OBSERVER ? Pour rester dans notre domaine de la microscopie, de nombreux sujets dont la dimension n'excède pas 2mm peuvent être observés entiers. C'est le cas de nombreux petits acariens, puces, poux,tiques, thrips ( petits insectes vivant dans les vieux livres ), araignées,aoûtats,et bien d'autres. Pour les plus gros, ce sont les pièces détachées, si j'ose dire, qui apportent des observations passionnantes ! Pattes, articulations, cerques,antennes,pièces buccales,etc ! MATERIEL |
||
![]() |
||
Je vous montre ma panoplie qui se compose de très fins ciseaux , d'aiguilles droites, coudées ou lancéolées, de pinces brucelles hyper fines , d'un scalpel, d'une petite seringue hypodermique ( vidages ou aspirations très précises ), de verres de montre, de lames à concavité, et bien sûr de lames et de lamelles standard. Egalement quelques produits chimiques nécessaires pour la préparation et le montage des échantillons :eau distillée, alcool dénaturé, alcool à 90°, alcool chlorhydrique,formol, glycérine, xylène, solution de potasse alcoolique, picroformol de Bouin, lactophénol, chloral lactophénol, baume du Canada ou coumarone pour le montage, etc...J'ai la chance d'avoir un pharmacien compréhensif et un ami qui vend du matériel de laboratoire, ce qui évidemment me simplifie les choses ! |
||
![]() |
||
|
EN GUISE DE PREFACE Je
reprends pour rédiger ce texte des notes accumulées depuis pas mal
de temps ( certaines datent des années 80...), par moi-même et par
un ami alors aussi passionné que moi. Ces expériences conduites ensemble
nous ont amené à nous forger une méthode, qui ne prétend pas être
exhaustive, ni la seule possible,mais uniquement basée sur la pratique
que nous avons pu acquérir,méthode que personnellement j'utilise toujours
! LA PREPARATION *
Séparation des pièces ( pattes, ailes, appendices, etc. ) le plus
près possible du corps, avec des ciseaux très fins, genre ciseaux
de brodeuse,coupant bien, en très bon état. * Après rejet de la solution ( sans perte de la pièce, ce n'est pas toujours facile ! ), 2 ou 3 lavages rapides à l'eau, un lavage de 5 à 10 mn dans de l'eau additionnée d'un peu d'acide acétique ( du vinaigre blanc peut convenir ), suivi de 3 ou 4 lavages prolongés ( chaque fois 15 mn ) à l'eau, de préférence déminéralisée ; celle vendue pour les fers à repasser convient très bien. * Facultatif :à ce stade, si le traitement alcalin a été trop poussé, il faut procéder à une recoloration par un séjour de 12 heures dans une solution à 1% de pyrogallol, suivi d'un lavage à l'eau alcalinisée puis à l'eau pure. * Transfert de la pièce, par entraînement à l'eau, dans un verre de montre. Reprise sur un aiguille lancéolée, avec l'aide d' une autre aiguille. * Transport et dépôt sur une lame porte-objet avec deux gouttes de liquide glycériné ( eau + alcool + glycérine à part égales ) choisi pour sa faible évaporation. Recouvrir d'une lamelle, contrôler au microscope. Si l'éclaircissement est jugé insuffisant, il faut reprendre le traitement à la soude, depuis le début.... *
L'éclaircissement étant supposé suffisant, il faut procéder à l'évacuation
des organes internes par aplatissement. Il suffit de charger la lamelle,
progressivement, avec des objets de moindre dimension que cette dernière
: d'abord une dizaine de grammes, puis lentement jusqu'à 50 grammes
en quelques heures. |
||
![]() |
|
* Après ouverture de la préparation ( ajouter un peu d'eau autour de la lamelle et soulever celle-ci avec une aiguille lancéolée en la maintenant par l'autre bord ), transférer la pièce dans un petit tube de verre à l'aide d'un peu d'eau. *
Remplacement de l'eau successivement par les produits suivants, avec
séjour de 30 mn à quelques heures dans chacun d'eux : *
Ensuite, il faut théoriquement de l'alcool absolu. C'est plus difficile
à obtenir, et cet alcool se réhydrate facilement. On peut déshydrater
l'alcool absolu à 95° ou plus par le sulfate de cuivre calciné. Bon
! N'en parlons plus ! Pour éviter le problème de l'alcool absolu,
au moins pour les sujets envisagés, on peut passer de l'alcool à 90-95°
au xylène phénolé: *
Renouveler deux fois le traitement au xylène phénolé ( 5 à 10 mn
chaque fois ),puis laver 2 fois pendant 10mn au xylène pur. Le xylène
est relativement toxique, prévoir une bonne aération, indispensable. LE MONTAGE * Préparer une lame et une lamelle très propres et bien sèches. déposer sur la lame une assez grosse goutte de baume du Canada ( avec un agitateur trempé dans le flacon ), et sur la lamelle une autre goutte, mais très petite. * Transférer avec une aiguille lancéolée le sujet, du xylène sur la goutte de baume ( lame! ), en opérant avec la plus extrême délicatesse. Attention aux poussières et aux petites bulles d'air. Prendre la lamelle avec une pince à lamelle ou une pince brucelles très fine, la retourner goutte en dessous et la déposer lentement sur l'ensemble goutte-sujet. Le baume commence à s'étaler, essayer de centrer la lamelle ( voir le gabarit que j'ai confectionné sur la photo plus haut ! ); éviter une migration trop prononcée du sujet en appuyant sur le bord de la lamelle vers lequel il se dirige. * Contrôler au microscope. * S'il y a un défaut, ajouter un peu de xylène, ouvrir la préparation,remettre le sujet dans le xylène et... recommencer ! * Si le résultat est valable, laisser l'ensemble à plat pendant plusieurs jours. Pour faciliter l'étalement du baume puis son durcissement, il est très favorable de pouvoir chauffer progressivement jusqu'à 40-45° et de maintenir quelque temps à cette valeur. C'est là que mon étuve construction maison ( voir article détaillé sur le site ! ) fait des merveilles et m'est devenue tout simplement indispensable ! *
Comme déjà dit plus haut, il est très utile et même indispensable
de lester la lamelle avec un poids de 5 à 50gr, progressivement et
selon besoin, soit qu'il y ait un défaut de baume, soit que le sujet
soit trop épais. *
Si la préparation est bonne, mais avec un défaut ou un excès
de baume, on peut presque toujours rattraper l'erreur : Voilà ! J'espère que vous ne trouverez pas ce tableau trop effrayant; je vous assure que le résultat en vaut la peine, et, une fois qu'on s'est organisé ... Il
y a évidemment une autre solution, plus simple, c'est la gélatine
glycérinée. Par contre je vous déconseille formellement le sirop d'Apathy,(
mélange de gomme arabique et de sucre de canne - voir Séguy tome 33
paragraphe 610 ) préconisé dans les vieux manuels, avec lequel apparaissent,
tôt ou tard, des cristallisations, entre quelques mois et quelques
années. Avec la gélatine glycérinée, la conservation n'est pas absolument
garantie, mais au prix d'un bon lutage les préparations se conservent
apparemment bien. On passe directement du stade précédant la déshydratation
dans la technique précédente, c'est à dire du sujet aplati, vidé,
au liquide glycériné ( eau + alcool + glycérine à parts égales ),
puis après bon égouttage, à une goutte de gélatine glycérinée tiède
sur une lame également tiède. Mise en place d'une lamelle, séjour
éventuel, mais recommandé ,dans l'étuve à 35°, pression s'il y a lieu,
refroidissement sous pression, nettoyage parfait des bords et lutage
avec plusieurs couches fines de peinture glycérophtalique. -
10g de gélatine
que l'on fait ramollir dans 20g
d'eau, puis
que l'on chauffe au bain-marie jusqu'à liquéfaction, et on ajoute
50g de glycérine. LA PHOTO Je
pense , mais cela n'engage que moi, que la couleur n'apporte strictement
rien aux photos de préparations d'insectes, ni au niveau de la lisibilité
du document, ni à l'intérêt documentaire de celui-ci. Je fais donc
toutes mes prises de vue en 24x36, avec un film noir et blanc grain
fin ( 32-50 ISO ), que je passe au scanner dès qu'il est développé
( je fais le développement moi-même, ce qui est facile et pas cher
). J'utilise
quand même de temps en temps la couleur, en cherchant des fonds colorés,
en particulier avec la polarisation, ce qui rend les images peut-être
plus attrayantes,mais pas plus " scientifiques " ! Voilà bien des occupations en perspective ! |
||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Jean LEGRAND /Décembre 2003 |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||