|
|
|
|
|
|
|
Il s’agit d’un
exercice de préparation assez facile à conduire à bon terme, et qui
donne des résultats spectaculaires et motivants. Question idiote : Qu’est-ce qu’un grain de pollen ? C’est
l’élément sexuel mâle de la fécondation chez les plantes phanérogames
(c'est-à-dire les plantes dont les organes de fructification sont apparents,
qui portent des fleurs à un moment donné de leur développement et qui
se reproduisent par graines). Le pollen est produit par les anthères.
Comme la fécondation est confiée à des agents extérieurs comme le vent ou les insectes par exemple, la quantité de grains est parfois phénoménale et est appelée, dans certaines régions « pluie de soufre ». Le grain de pollen se dépose sur le stigmate du pistil et il émet alors un tube pollinique qui va aller jusqu’à l’ovule. La taille d’un grain de pollen varie de 2,5 µm chez le Myosotis à 200 µm chez certaines Cucurbitacées, comme la Courge. Chez certaines personnes, le pollen peut provoquer des réactions allergiques graves se manifestant par le rhume des foins ou un asthme pollinique. Chez les Algues, les Champignons, les Mousses, les Prêles et les Fougères, on parlera de spores. Pour les pollens d'origine inconnue, il faut se référer à une palynothèque. Pour ceux qui sont intéressés, il est possible de consulter le remarquable site conçu par Michel VEROLLET, qui est palynologue et où il vous présente sa passion. http://perso.wanadoo.fr/pollens/ Vous y trouverez notamment des informations sur les capteurs, sur les allergies ainsi que les bulletins de répartition des pollens de différentes régions de France. Notons également la présence de liens vers deux clés de détermination très efficaces, conçues par l’Académie de Bordeaux et de Montpellier. EN PRATIQUE : Il
est préférable d’acquérir le « tour de main » en travaillant sur des grains
de pollen faciles à récolter et spectaculaires à regarder : nous vous
conseillons de vous tourner vers la Rose Trémière (Alcea rosea
Linné, - Malvacée), intéressante par la taille des grains. On pourrait
aussi se diriger vers la famille des Cucurbitacées (Potiron, Courge, etc...)
à grains énormes également, ou encore, dans les plantes ornementales,
choisir Hibiscus syriacus (le Ketmie de Syrie)...
Nous avons récolté du pollen, nous connaissons la plante : il ne reste plus qu’à œuvrer ! Suite à l'information transmise par un ami, modérateur d’un forum de microscopie, nous nous sommes dirigé vers la méthode de WODEHOUSE (1935), qui nous paraît la plus simple, et que nous avons un peu adaptée à nos préférences, car nous n'aimons pas la glycérine gélatinée qui implique de devoir chauffer les lames.... modus operandi :
Vous
êtes maintenant le réalisateur et l'heureux possesseur d'une préparation
définitive qui risque de vous survivre (des préparations que nous avons
réalisées en 1969, au Baume du Canada sont toujours impeccables ....)
de gauche à droite, figure 1 (récolte d'un tas de pollen) ; figure 2 (apparition de l"auréole provoquée par l'action de l'alcool) ; fig 3 (action de colorants divers) Les colorants à utiliser : Nous
en avons expérimenté toute une série, sans aucun déboires ; tout cela
fonctionne à merveille et constitue un régal pour les yeux.
Il
n'y a pas de miracle : l'utilisation de colorants en microscopie implique
des dosages précis, (nous utilisons une balance électronique au 1/10 de
gramme près) avec des dilutions, selon les colorants, de l'ordre de 1:100
(1 g de colorant pour 100 cc d'eau distillée ou d'alcool, ou autre solvant
ou mélange de solvants), 1:200, 1:500,1:1.000, voire 1:10.000 ... Le non
respect de ces dosages (c'est à dire la technique de l’ "à peu près")
génère des surcolorations désagréables et décourageantes, et les résultats
ne sont pas constants !
Voici une série de photos exemplatives,
réalisées avec le pollen de Rosea altea (Rose trémière), Echium
vulgare (Vipérine vulgaire), ou Convolvulus sepium (Liseron des
haies)De gauche à droite : fig. 1 : pollen de Vipérine, coloré à la safranine fig. 2 : pollen de Liseron des haies, coloré à la safranine fig. 3 : pollen de Rose trémière, coloré à la Fuchsine de Ziehl De gauche à droite : fig. 1 : pollen de Rose trémière, coloré au vert d'iode fig. 2 : pollen de Rose trémière, coloré à la Phloxine B alcoolique fig. 3 : pollen de Rose trémière, coloré au rouge Congo SDS De gauche à droite : fig. 1 : pollen de Rose trémière, coloré au Rouge neutre fig. 2 : pollen de Rose trémière, coloré à la safranine, avec un grain non coloré |
|